Ahmedabad, la surprenante

Après la visite des grottes d’Ellora et notre seconde nuit en bus de nuit, nous arrivons enfin à Ahmedabad, ville classée à l’UNESCO en raison de l’architecture de son centre-ville. Située dans l’état du Gujarat il s’agit de la capitale du textile et ville d’où Gandhi lança ses campagnes de désobéissance civile dans les années 20. Mais vous allez vite le voir, rien ne se passe jamais comme prévu…

Vendredi 10 Janvier

L’arrivée sur un pied à Ahmedabad  

Maman : Beaucoup de rickshaws nous interpellent à notre descente du bus. Nous essayons de nous en débarrasser mais ils sont très insistants, nous marchons en direction de notre auberge et ils finissent par abandonner. Les trottoirs sont défoncés, aussi nous avançons souvent sur la route en évitant les véhicules, en surveillant où nous posons les pieds, … Un homme en scooter nous regarde en nous croisant il dit “Hello !!” et lève le pouce signifiant : c’est bien ? ou peut-être : ça va ? Je me retourne en marchant pour demander à Léna son interprétation et mon pied se tord dans un trou, je sens craquer dans ma cheville et la douleur à deux endroits !! Une bosse au niveau de la malléole ! Quasi impossible de poser le pied par terre sans grimacer de douleur ! Je peste intérieurement, je suis en panique : Ça ne peut pas être la fin du voyage !!  Léna reste calme et arrête un tuktuk pour nous permettre de poursuivre jusqu’à l’hôtel.  

Léna : Je n’aime pas franchement négocier les prix au saut du lit, mais heureusement, ce chauffeur est plutôt sympa ! Nous arrivons devant l’hôtel et je remarque tout de suite les escaliers, je demande donc à maman de rester en bas le temps de monter me renseigner ; comme souvent, je n’ai pas réservé, je préfère toujours garder toutes nos options ouvertes au cas où nous choisirions de modifier le programme.

Dans la petite pièce qui fait office de réception, un homme dort sur le canapé, un gros chat jaune dort sur le comptoir. J’essaie de faire un peu de bruit, l’homme ne se réveille pas. J’entreprends alors de caresser ce gros matou qui ronronne affectueusement, avec ses poils longs il me rappelle Bella. Après avoir tapoté sur l’épaule du réceptionniste, il se réveille tout embarrassé et me confirme qu’il à 2 lits de libre et que nous pouvons en profiter immédiatement, à 7h du matin, ça nous arrange !  

Maman : Dès qu’il me voit entrer en boitant le veilleur de nuit est aux petits soins pour moi. Nous sommes accueillies avec un chaï. Puis débarrassées des formalités, il nous conduit à notre dortoir. Après cette nuit dans le bus, la douche est très agréable, mais compliquée sur un pied. De retour à mon lit, Akhtar, toujours aussi prévenant, entreprend de me masser la cheville avec une crème, il fait quelques mouvements d’ostéopathie, je le laisse faire, il est très doux et il semble difficile de lui refuser quoique ce soit.

Au bout d’un long moment (impossible de l’arrêter !) je suis surprise de constater qu’il arrive maintenant à manœuvrer ma cheville sans trop de douleur. Il est mon sauveur du jour !! Puis il repart. Après avoir échangé quelques mots, Léna et moi, nous nous endormons épuisées. A notre réveil, nous allons à l’accueil, le réceptionniste a changé, celui-ci est peu sympathique. Nous voyons alors émerger Akhtar, visiblement au saut du lit, les cheveux en bataille, qui nous demande d’attendre le milieu d’après-midi pour aller voir un médecin, il veut nous accompagner aux urgences de l’hôpital. Nous le remercions, j’avoue être rassurée, je ne sais pas pourquoi, mais je suis en confiance avec lui. Il est mon sauveur, hahaha ! 

Vers midi, nous décidons d’aller manger dans un petit restaurant juste en bas, car j’ai toujours très mal et il m’est difficile de mettre le pied à terre. Personne n’intervient pour m’aider à me déplacer mais je vois le patron assis derrière sa caisse, qui est prêt à bondir au moindre signe de ma part. Pas de souci, je gère seule. Je ne décolère pas, c’est tellement trop bête, se faire mal au bout de 4 jours, quand on a un sac à porter sur le dos et que l’on vient découvrir un pays, … Heureusement, Léna est, comme toujours, rassurante et gère la situation.  

Léna : De retour à l’auberge, nous décidons de faire un premier point blog, il est temps de commencer à rédiger ces premiers jours, prendre des notes, afin de ne pas tout mélanger ! Et puis, nous avons du temps devant nous, nous montons dans un joli espace détente très clair avec de grandes baies vitrées, idéales pour observer la vie dans cette ville. La place devant l’hôtel est très agitée, nous entendons encore et toujours le bruit des klaxons, mais aussi le marché grouillant de monde, … Nous sommes au spectacle. Un chauffeur de tuktuk entreprend d’épousseter son véhicule avec un torchon qu’il utilise pour fouetter (oui, le mot est bien adapté !) la poussière. Une moto stationnée gène une voiture, pas de problème des jeunes entreprennent de la déplacer plus loin puis guident le chauffeur pour entrer dans la place, …   Des enfants jouent assis sur le toit des voitures, les passants sortant du marché forment un flot incessant sous nos fenêtres, c’est mieux que la télé !

Maman : 15h30 nous redescendons à l’accueil, Akhtar arrive apparemment de la cérémonie du vendredi à la mosquée. Il est impressionnant dans sa tenue traditionnelle noire, son visage est fermé, il parle peu mais se montre efficace, il devance chacun de mes gestes : il arrête un rickshaw et donne des consignes au chauffeur, malgré mon insistance il refuse de monter avec nous et préfère prendre sa moto pour nous suivre dans la circulation très dense au milieu du marché. Arrivées dans une petite rue, le chauffeur s’arrête et nous indique d’attendre devant une maison qui semble être l’hôpital. Akhtar n’est pas encore arrivé. Nous regardons des singes chahuter et passer d’un toit à l’autre, traverser la rue avec leurs petits accrochés au ventre de leur mère.

Soudain un homme est porté par 3 personnes, les deux jambes plâtrées, installé sur la banquette arrière d’un tuktuk ses membres sont calés sur le dossier avant, de chaque côté du conducteur ! Nous ne pouvons pas nous empêcher de rire en le voyant mais nous le plaignons sincèrement pour les semaines à venir …  au fond de moi c’est la panique totale ! Nous sommes toujours sur le trottoir quand un homme s’approche et me demande ce qui m’arrive, il me fait signe de le suivre, il est le médecin des urgences orthopédiques. Nous traversons une pièce avec quelques chaises, apparemment la salle d’attente et nous entrons dans LA salle des urgences !

Il me fait signe de m’asseoir par terre. Pas facile quand on est sur un pied ! Une dame gentille, son assistante, m’aide avec Léna et pose un coussin au sol pour que je sois mieux installée. Lui s’assied face à moi sur une sorte de marche-pied et me pose quelques questions. Akhtar apparait soudain, me fait un petit signe de la tête, je lui adresse un grand sourire, rassurée, puis il échange quelques mots avec le médecin, il s’assied à côté de Léna sur une chaise. Je précise tout de suite à cet homme en blanc que je ne veux pas de plâtre et que quoiqu’il fasse je veux pouvoir marcher, il ne faut pas immobiliser ma jambe. J’ai plein de choses à vivre en Inde et je n’ai pas l’intention de faire des concessions, je veux qu’il m’aide ! Bref, la chieuse de service !

Il prend de grands ciseaux et calmement entreprend de découdre mon pantalon en suivant la couture pour ne pas l’abimer. Oups je n’ai pas pensé à mettre un pantalon large en bas, d’ailleurs, je n’en avais pas vraiment … Il met un temps fou, très appliqué à ses travaux de couture. Je lui dis de le couper, mais il s’obstine. Le résultat est parfait, le pantalon sera facile à recoudre.  Il demande à Akhtar de s’approcher pour tenir mon autre jambe pendant qu’il me manipule, ses pieds sont posés sur ma cheville blessée pendant qu’il touche différentes zones, il me tire sur les orteils pour les faire craquer, puis je sens son assistante se placer derrière moi et venir me prendre les épaules avec les mains pour me maintenir … je comprends que ça va faire mal !

Ils sont trois à me tenir, il va me falloir être courageuse face à ces gens qui ont sûrement vécu pire dans leur vie sans broncher, il n’est pas dans leur culture de se plaindre ! Hors de question que je me donne en spectacle !  Je suis prête, ça va aller ! Il attrape ma cheville d’une main, l’autre sous mon talon, il me replie la jambe et tire très vite d’un coup sec ! La douleur est intense, je me cambre en arrière mais pas un son ne sort de ma bouche. Il manipule à nouveau. Voilà, c’est fini tout le monde s’éloigne.  Je suis fière de moi, je ne me suis pas donnée en spectacle. Pourtant la douleur a été violente. Puis il découpe deux morceaux de carton, il m’applique une pommade, place du coton de chaque côté de ma cheville, positionne les deux attelles en carton, et entoure le tout avec plusieurs bandes. On dirait que j’ai un plâtre … sans plâtre !

C’est parfait, je peux poser le pied par terre et marcher ! Il prescrit 3 jours d’anti-inflammatoire que nous achetons dans la boutique qui fait office de pharmacie juste en face de l’hôpital. Puis retour avec notre sauveur qui est toujours très discret mais omniprésent pour m’aider.  
Je peste contre cette journée perdue bêtement. Léna tente de me raisonner. OK on reste tranquille aujourd’hui ! Je repose ma cheville cette fin de journée. Mais demain on repart, j’ai décidé !  

Léna : 2 bus de nuit en 2 jours, c’est vrai que nous avons un peu abusé ! Sans parler de toutes les situations que nous avons rencontrées, ce n’est que le début du voyage et nous n’avons pas commencé en douceur ! Nous n’avons pas très faim ce soir et décidons de nous contenter de quelques provisions apportées dans notre sac. Selon maman, ça fera parfaitement l’affaire mais je décide quand même de partir en expédition pour acheter de quoi grignoter.

Première sortie à Ahmedabad

Léna : Il est 18 heures, la nuit s’apprête à tomber et l’agitation est plus forte que jamais. Après cette journée au calme, ça fait un sacré choc ! Ce sont mes premiers pas seule en Inde, j’essaye d’observer comment je me sens et imagine déjà devoir voyager seule quand maman sera partie dans un mois, je ne suis pas sûre d’être très à l’aise ! Je sens les regards se poser sur moi, je traverse le marché, différentes ruelles, je suis à la recherche de quelques petites choses à manger mais je n’ai pas encore de repères et ne sais donc pas vers quel type de stands me diriger, en plus j’ai atterri dans une rue avec du poulet partout ! Ce n’est pas ici que je vais trouver mon bonheur.

Demi-tour, j’aperçois un petit commerce qui vend des lassis ! Super, ça va faire plaisir à maman qui ne peut plus boire autant de yaourt qu’à son habitude. Je demande 2 parfums mais la femme n’en a plus alors je prends 2 autres lassis de son choix. Comme toujours, on ne fait pas ce que l’on veut dans ce pays ! Je trouve ensuite des samosas et après un long quiproquo en raison de la barrière de la langue, je finis par remonter à l’hôtel avec 2 lassis à je-ne-sais-quel-goût et 3 samosas différents à je-ne-sais-quel-goût !

J’arrive exténuée dans la chambre, je suis pourtant sortie moins d’une heure ! Je fais quelques recherches sur internet et découvre avec surprise que cette « petite ville indienne » est en réalité immense, il y a 6 millions d’habitants !!! Je comprends mieux la sensation d’étouffement que j’ai ressentie à l’extérieur… la ville est coupée en deux par une rivière la Sabarmati, nous y trouverons peut-être un peu de tranquillité ! Et le centre historique est classé au patrimoine de l’Unesco depuis 2017, cela s’annonce intéressant. En tout cas à première vue, la pauvreté semble plus présente dans la rue qu’à Mumbai. L’activité principale a longtemps été le textile donc je m’attends à voir un joli marché de vêtements colorés !

Maman : Nous sommes dans un dortoir pour femmes :  4 lits seulement, les autres filles sont comme Léna, elles voyagent seules. Je reste toujours étonnée par ces voyageuses solitaires dans des pays culturellement tellement éloigné du leur, elles racontent des histoires magnifiques, j’écoute silencieusement, secrètement admirative … Après avoir grignoté un peu sur un coin de table, nous nous couchons dans nos petits lits superposés. Bien que la journée ait été tranquille nous sommes fatiguées et nous endormons paisiblement.  

Samedi 11 Janvier

Le début des visites à Ahmedabad, fini le repos !

Maman : Le matin, je me réveille toujours de bonne heure. Alors j’ai le temps de mettre à jour nos notes, trier les photos des jours précédents, faire un tour sur les réseaux sociaux, lire le guide du routard, … car Léna n’est pas du matin. Il faut dire qu’elle prépare le soir avant de dormir la journée du lendemain. Nous sommes un peu en décalage mais qu’importe. Dès qu’elle ouvre un œil, je fais la gazette de ce qui s’est passé dans le monde, de la vie facebook, des conseils du Routard, des nouvelles de la famille, de tout ce qui me traverse l’esprit depuis deux heures que je suis au taquet (oui, dès mon réveil mon cerveau s’emballe !). hahaha, la pauvre ! C’est juste pour l’aider à émerger !  

Léna : Grrrr, elle parle trop ! Et même au milieu de la nuit, si j’ai le malheur de bouger un tout petit peu, elle en profite pour me parler. Quelquefois je comprends pourquoi je voyage seule, j’ai mes petites habitudes et le matin, s’il n’y a pas de lever de soleil à observer, j’aime bien prendre le temps…

La matinée est donc déjà bien avancée et nous allons (enfin !) déguster un vrai repas ! Direction Lucky Tea recommandé par notre hôte ! En fait, nous nous trompons de restaurant, il y en a deux avec le même nom, au lieu d’aller au connu, nous allons au petit boui-boui du coin ! Nous essayons de commander mais, nous commençons à avoir l’habitude, nous ne pouvons pas choisir. Résultat, nous mangerons ce qu’ils veulent bien nous donner. Nous demandons un chai, ha, ça non plus nous n’avons pas le droit aujourd’hui. Nous ne comprenons pas tout… Ensuite, nous voyons les serveurs apporter un plat gigantesque à un autre client, par geste, nous demandons à avoir la même chose ! Il s’agit en fait d’un genre de crêpe roulée et sèche, je ne saurai pas comment vous l’expliquer … Le nom de cette spécialité du sud est le dosa !  

Maman : C’est bon, un peu bizarre, comme toujours ici. Nous payons 3€ à nous deux …. vraiment pas cher ! Ensuite, nous prenons un tuktuk jusqu’à l’ashram où Gandhi a vécu. Là aussi, les prix défient toute concurrence, nous parcourons 7 km pour … 1,50 € !

L’ashram de Sabarmati – Le musée Gandhi

Maman : L’ashram est en fait un lieu de vie où Gandhi et ses proches vivaient en communauté. Nous nous promenons dans le jardin, plusieurs bâtiments sont disposés là. Toute la vie de Gandhi est décrite. C’est passionnant. Nous allons d’un lieu à l’autre. L’endroit est très calme, au bord de la rivière.

Léna : A l’entrée de la maison de Gandhi, une femme file le coton avec un métier tel que celui que Gandhi utilisait. Nous échangeons quelques mots sur la vie dans l’ashram, elle nous parle de cet homme qui avait une vie saine et paisible ici, capable aussi de parcourir le pays pour rencontrer des gens importants et défendre la cause de ses compatriotes, ou d’entamer des grèves de la faim pour mieux se faire entendre. Elle me montre comment filer le coton et me propose d’essayer, c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait ! Filer permet de méditer, c’est facile à faire (selon elle), le geste est répétitif et ça permet de se concentrer sur ses pensées. Elle nous parle des Français qui viennent tous les ans, pour de longues périodes, beaucoup de gens prennent du temps pour s’arrêter ici. Elle est pleine de douceur et de bienveillance, nous restons longtemps près d’elle à l’écouter nous partager ces anecdotes.

Une réflexion de Gandhi (une parmi beaucoup d’autres !) nous fait réfléchir à notre monde occidental :  
“Comment les gens qui ne travaillent pas peuvent-ils croire qu’ils ont le droit de manger ?”

Mahatma Gandhi

Maman : Whaou, c’est violent ! Ça traduit aussi une philosophie de vie. Ici nous avons remarqué que toute personne qui a deux bras et deux jambes travaille, seuls les handicapés mendient dans la rue ! 

Léna : Nous restons de longues heures dans ce lieu paisible, comme à notre habitude nous lisons TOUS les panneaux explicatifs, et il y en a beaucoup ! Résultat, 3 heures plus tard, nous y sommes encore. Je suis passionnée par tout ce que j’apprends ! C’est un endroit tellement calme comparé à l’agitation de la ville. Nous faisons une pause au bord de la rivière, entourées d’écureuils et d’oiseaux, nous sommes bien.

Léna : Maman se trompe de pied en se relevant et grimace de douleurs, le temps que je me retourne, 3 hommes ont déjà accouru tels des chevaliers servants pour l’aider.

Maman : Nous nous savions observées en permanence mais nous avons la confirmation qu’ils sont profondément bienveillants et prêts à aider à la moindre occasion ! Nous prenons quelques photos avec des familles et les enfants que l’on nous met dans les bras, c’est vraiment surprenant de se faire photographier toute la journée.

Léna : S’ils insistent nous allons leur signer des autographes !! J’avais eu le cas en Asie du Sud Est et au Sri Lanka, mais on ne s’habitue pas à la – fausse – célébrité ! 

Visite du temple Jain Hutheesing

Maman : Nous nous rendons en rickshaw à un superbe temple, nous arrivons à la tombée du jour et nous sommes sous le charme de ce bâtiment. A l’intérieur, une cour bordée d’une galerie qui permet de passer devant de petites fenêtres derrière lesquelles des statues, dont les grands yeux ronds font peur, nous regardent …. Un homme fait le tour et s’arrête devant certaines ouvertures, fait tinter la cloche au milieu du couloir et repart jusqu’à la suivante. Des enfants jouent tranquillement dans la cour. L’endroit est très calme. 

Léna : C’est le premier temple de religion Jaïn que nous visitons et nous sommes toutes les deux fascinées, nous avons hâte d’en voir d’autres.

Mais pour l’heure, retour dans notre quartier pour manger ! Le petit déjeuner de ce matin est déjà loin et je veux tester plein de bonnes choses sur le marché ! Notre tuktuk nous dépose dans une rue où les marchands vendent des fruits secs et des bonbons, nous goûtons tout un tas de choses colorées dont nous ignorons tout ! Des mangues séchées, des amandes, ça, ça va encore mais quand on passe aux graines anisées ou piquantes, c’est beaucoup moins ma tasse de thé ! 

Maman : Nous voici dans le quartier musulman et nous croisons beaucoup de gens dans les rues, en fait ce sont très majoritairement des hommes. Nous arrivons dans une petite ruelle sombre, des chèvres sont là, attachées un peu partout, des chats se promènent sans crainte au milieu de cette agitation, cela nous rappelle que nous en voyons très peu depuis le début de notre voyage. Nous arrivons devant une grille ouverte, autour de nous des hommes circulent dans tous les sens. Pas trop rassurée, je propose à Léna de faire demi-tour, elle me répond que c’est là que nous venons !  Il faut se couvrir les cheveux ! Nous continuons donc, face à la mosquée que nous regardons de l’extérieur. Puis sur le côté, nous voyons l’entrée du sanctuaire de Rani Sipri, l’entrée est décorée façon illuminations de Noël, très colorée, avec des guirlandes lumineuses vertes et rose, l’intérieur semble plus sobre mais en tant que femme nous devons rester à l’extérieur. Un groupe de musulmanes arrive vers nous, elles nous demandent de faire des selfies avec elles. Surprenant dans ce lieu !  

Maman : Enfin, nous sommes au marché de nuit, Léna qui ne cache plus sa faim commence à regarder la street food. Mais ce quartier est pire que tout ce que l’on peut imaginer : énormément de monde, de marchands jusqu’au milieu de la rue, de circulation, de bruit, de klaxons, de pollution aussi, l’odeur des pots d’échappement se mélange à celle des préparations culinaires de chaque stand, les vaches au milieu de toute cette agitation, … Nous décidons d’aller plus loin, puis c’est le secteur des marchands de primeurs. Non, nous achèterons plus loin, ici c’est juste impossible de respirer, c’est oppressant ! Nous traversons les ruelles et encore des ruelles, … Résultat nous sommes dans le secteur du textile, magnifique de couleurs et de soieries, des saris de toute beauté nous entourent, quand nous réalisons que nous ne mangerons pas ! Léna perd le sourire ! Haha 

Léna : Maman voudrait bien faire du shopping, les robes colorées lui plaisent mais je tire la tête, je veux juste trouver un endroit où manger pour mon estomac qui crie famine…  il est déjà 20 heures et maintenant que le marché de street food est passé, je ne sais vraiment pas ce que l’on va trouver sur notre route. En suivant le GPS, je nous rapproche lentement vers notre auberge, il fait nuit, pas question d’aller se perdre dans des petites rues. A force de marcher nous sommes de retour dans le quartier de notre auberge. Nous retournons pour la deuxième fois, dans le restaurant juste en dessous, c’est bof mais on ne va pas faire les difficiles. Nous nous installons à une table, un employé passe la lavette sur le sol de la salle du restaurant en évitant les pieds des clients, une fois de plus quand c’est l’heure de faire le ménage, c’est l’heure, … !

Alors que nous devions partir le lendemain, nous décidons de rester un jour de plus pour faire la visite guidée à 7h30 du matin. Cette ville est classée au patrimoine de l’UNESCO mais nous n’avons pas encore compris pour quelles raisons. Pour moi, après 2 jours ici, je la trouve assez sale, polluée et très bruyante… J’apprécie l’absence de touristes et les contacts sincères avec les locaux, j’ai beaucoup aimé le musée de Gandhi mais le reste, c’est un mystère !  

Dimanche 12  Janvier

Visite du centre-ville historique d’Ahmedabad

Léna : Le réveil sonne à 6h30, ça pique ! Nous avons décidé de suivre la visite guidée de l’Heritage Walk of Ahmedabad. Nous arrivons au lieu de rendez-vous à l’heure, j’achète les places au petit bureau en face du temple Swaminarayan Mandir.  Le prix est bien supérieur à ce que le guide du routard avait annoncé : 300 rs par personne, nous espérons que ça vaut le coup ! Nous patientons longtemps, pas de guide à l’horizon.

Léna : Finalement, avec 1 heure de retard, un homme arrive et un immense groupe se forme autour de lui ! Nous sommes au moins 40 personnes !! Sans un mot pour le retard, sans se présenter, le guide se met en route. Nous suivons comme possible : la circulation, le monde, la taille du groupe n’arrangent rien. Résultat, au deuxième arrêt, le temps d’arriver à hauteur du guide, il a déjà terminé d’expliquer et se remet en route sans attendre que tout le monde soit là. Ça a le don de m’agacer …  
  
Maman : Nous espérons apprendre plein de choses sur la vieille ville classée à l’UNESCO. Notre guide nous fait traverser différents quartiers ; chaque pol est fermé par une porte d’entrée autrefois surveillée par un gardien depuis une fenêtre et renferme un temple, une mangeoire à oiseaux (la ville en compte plus de 600), un puits, des maisons, des commerces dont l’étage est le lieu d’habitation du commerçant, des ruelles, véritable labyrinthe, des lieux d’échange où les gens prennent plaisir à se rencontrer,… Chaque quartier est en quelque sorte un petit village abritant une communauté. Les gens vivent dehors et partagent tout. En cas de problème, tout le monde aide et offre des solutions. On comprend aussi qu’il y a peu d’intimité. Chaque pol abrite une religion. C’est ainsi que nous passons du pol musulman au pol jaïn, puis à un pol hindou, … car tous ces quartiers se touchent. Tous cohabitent, chacun vivant dans son quartier fermé et pourtant ouvert à tous. Certaines maisons ou portes sont très belles et bien conservées d’autres plutôt délabrées mais les fonds débloqués par l’Unesco devraient probablement y remédier.  


Les mangeoires à oiseaux ont des styles très variés ; une échelle permet de les approvisionner tout en ne permettant pas l’accès aux animaux désireux de les manger. Au nombre de 600, elles sont le symbole de la ville, on compte plus d’oiseaux dans le vieux quartier qui n’a que peu d’arbres que dans la nouvelle ville qui fait l’effort de privilégier des espaces verts.   

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Léna : A l’intérieur des pols, des passages secrets étaient prévus pour passer d’un quartier à l’autre en cas d’attaques. L’entrée du passage est identique à toutes les autres portes de maisons, le guide nous explique que si l’on essaye de cacher quelque chose, ça se voit, alors qu’au contraire, si c’est voyant ça devient discret ! Pas bête ! Autrement dit, il vaut mieux assumer que camoufler une vérité !  

Maman : Nous traversons au sein de chaque pol le quartier résidentiel et le quartier commercial parfois les deux se confondent. Certaines ruelles bordées de boutiques abritaient à l’étage la famille du commerçant chargée de la fabrication des objets vendus au rez-de-chaussée. Nous nous retrouvons sur la place du marché de la veille, nous l’avions alors vue de nuit : le quartier Manik Chowk. En journée ce ne sont que des bijouteries et de la street food. Notre guide nous explique que bien que ces boutiques de luxe vendent des articles de grande valeur, aucune caméra de surveillance n’a été installée car la place est constamment fréquentée par des marchands et des habitants du quartier : le soir s’installe le marché de nuit, qui cède sa place au marché de légumes le matin et aux boutiques la journée. 


Puis nous arrivons devant le tombeau de Ahmad Shah. Un panneau indique avec des pictogrammes les choses possibles ou non à l’intérieur. Une femme typée indienne dit en anglais : « il n’y a que les chaussures et les femmes qui ne sont pas autorisées à rentrer ». J’ajouterai que même les photos sont autorisées. Pourtant notre guide nous permet d’y aller après avoir laissé nos chaussures à l’extérieur.  

Mosquée Jama Masjid à Ahmedabad


Nous arrivons à la mosquée Jama Masjid sur Gandhi Road. Au XVième siècle c’était la plus grande mosquée de l’Inde, on constate une décoration plutôt jaïn, beaucoup de fleurs et de personnages dans les sculptures, une forêt de colonnes, 260 pour être précise. Notre guide nous explique que les artisans étaient invités à venir travailler quelle que soit leur religion d’où ces influences diverses.  

Lucky Restaurant à Ahmedabad

Léna : À la suite de notre erreur de restaurant la veille, nous repartons en direction du restaurant Lucky pour manger, bien décidées à choisir ce que l’on aura dans notre assiette aujourd’hui.

En fait, il est trop tôt, le service « lunch » commence à 11h et il est 10h30. Pour nous, la journée est commencée depuis déjà 4 heures… Nous commandons des lassis à boire et nous devons payer avant de commander à manger plus tard. Au moins, pour une fois, nous ne nous faisons pas virer à peine notre boisson sirotée. Le lunch menu est une formule avec plein de choses dans l’assiette : dal, légumes, curry, yaourt che-lou sucré avec des vermicelles (un genre de riz au lait).

Compétition internationale de cerf-volants

Léna : Une fois le ventre plein, nous essayons d’aller voir la compétition internationale de cerf-volants qui a lieu cette semaine à Ahmedabad. Depuis 2 jours que nous sommes ici, nous voyons des fils de cerf-volants partout dans les rues ! La ville est en pleine préparation pour cet évènement.

Plus de 45 pays sont représentés, c’est un incontournable ! Nous prenons un tuktuk, marchons dans un sens, dans l’autre, mais nous ne trouvons pas et ne voyons pas de cerf-volants volés. Malgré mes recherches sur internet, aucune information précise sur le lieu de l’évènement juste « au bord de la rivière » mais elle traverse TOUTE la ville sur plusieurs kilomètres !  

Maman : Nous voyons un endroit où il y a beaucoup de monde mais en nous approchant il s’agit d’un parc qui fait une exposition de plantes. Nous sommes un peu dépitées. Des jeunes viennent pour faire des photos avec nous, nous acceptons et demandons notre chemin mais ils ne savent pas non plus. Un tuktuk s’arrête à notre hauteur : tout va bien ? nous cherchons le Kite festival !  Il nous indique gentiment dans quelle direction aller, puis repart sans rien demander, il a déjà un client et donc aucun intérêt financier à vouloir nous aider. Enfin quelqu’un qui sait l’adresse ! 
 

Léna : Nous voilà enfin à destination. Au moment de notre visite, je suis un peu déçue, il y a relativement peu de cerfs-volants. Certains sont magnifiques mais la compétition ne semble pas en cours, c’est comme un entraînement. La foule autour de nous est intense, les regards sont posés sur nous. Très vite nous sommes l’attraction, les téléphones sortent de toute part pour des selfies et on se croit à Cannes, obligées de refuser pour ne pas créer l’émeute, la plupart comprennent quand on leur explique la raison, nous essayons de discuter à la place, d’autres font les photos tels des paparazzis ! Un peu oppressées, nous décidons de partir pour notre prochaine destination.
 

Rencontre avec Dharmendra  

   
Léna : Devant l’entrée de l’événement un chauffeur de rickshaw nous fait signe pour nous emmener. Il accepte tout de suite de nous conduire au puits de Dada Harir mais en fait, il ne sait pas exactement où se trouve cet endroit, il demande sa route tantôt aux piétons que l’on double tantôt aux autres conducteurs qui nous doublent ! Il essaye de nous poser des questions mais nous ne comprenons pas bien ce qu’il veut. Alors, tout simplement, il interpelle un couple avec leur fils qui passaient à notre hauteur à moto pour leur demander de traduire. La famille s’arrête au milieu de la route et nous à côté (!) pour nous servir de traducteurs. En fait, notre chauffeur veut savoir où nous irons après le puits car il aimerait bien nous accompagner toute la journée. Nous passons par la gentille petite famille pour traduire notre réponse, nous souhaitons aller à Akshamdar à 25 km de là. Ils connaissent cet endroit et semblent très enthousiastes que nous nous y rendions, ils ont déjà vu le spectacle aquatique et nous le recommandent. La conversation se passe bien par leur intermédiaire et nous tombons d’accord sur le tarif, notre chauffeur nous conduira donc toute la journée.  
 
Maman : Un peu plus loin, il demande la route à quelqu’un qui en profite et monte à côté de lui pour s’avancer de quelques kilomètres. Nous sommes surpris qu’il demande car de grandes pancartes indiquent le nom de l’endroit où nous allons et Léna confirme la route avec maps.me. Mais rien n’est plus fiable qu’un mec sur le bas-côté ! haha 
Il tente d’enseigner le Hindi à Léna, qui bonne élève s’applique à répéter les mots et prend quelques notes. Notre chauffeur est ravi. Désireux de nous faire plaisir, il s’arrête au milieu de la circulation pour que l’on prenne des photos qu’il juge intéressantes, quitte à prendre les rond points à contre sens.   


Plus loin il s’arrête et fait avancer un vendeur de pani puri, à qui il fait une commande pour nous, et nous voilà servies dans le tuktuk. Il me faut insister pour qu’il mange avec nous. Voyant que nos mains sont grasses, il n’a aucune hésitation à nous prêter un torchon qui lui sert à tout, notamment à épousseter le tuktuk pour nous essuyer.   

Puis un peu plus loin, c’est un arrêt jus de canne à sucre qui nous est servi toujours sans bouger de notre banquette. Le vendeur utilise un gros pressoir en bois qui semble dater du moyen-âge … il pousse une énorme roue en tournant autour de la machine qui écrase la canne à sucre pour en extraire le jus. C’est terriblement physique ! Dans les deux cas il m’est impossible de régler notre commande, c’est lui qui paie. 
Au bord de la route mais aussi parfois au milieu des voies, nous voyons des bêtes bizarres inconnues de nous. Nous observons des femmes porter des charges très lourdes sur la tête, mais aussi des branches ou encore leur sac à main, … Notre chauffeur, Dharmendra, nous dit que les femmes indiennes sont très fortes ! Nous apprenons qu’il vient d’une famille de sportif et n’a pas fait d’études. Il s’entrainait au tennis 8 heures par jour mais que, à la suite d’une blessure, il a dû arrêter et trouver un autre métier. Pour ses deux enfants de 7 et 9 ans, il privilégie les études, le sport ce sera plus tard. Agé de 32 ans, il parle un peu anglais et regrette que nous ne comprenions pas le Hindi car il aurait voulu partager plus avec nous. 
  
Léna : Si vous vous rendez à Ahmedabad, nous pouvons vous donner le numéro de notre chauffeur, Dharmendra, il sera ravi de vous conduire !   
  

Le puits de Dada Harir  

 
Léna : En arrivant au puits, nous allons tout droit jusqu’à la mosquée, nous avons loupé l’entrée du puits (souterrain, forcément…). L’imam s’avance tout de suite vers nous pour nous faire visiter, il est gentil mais quand même très intéressé par la donation. Nous n’apprenons pas grand-chose de plus que si nous avions fait le tour seules… Des jeunes filles nous observent et veulent prendre des photos avec nous !

Nous découvrons un puits tout simple, nous sommes déçues… dans le guide, ils parlaient d’une « véritable cathédrale souterraine ». En fait, ce n’est pas le bon ! Quelques mètres plus loin nous découvrons effectivement cet édifice impressionnant ! Des enfants sont en train de jouer au bord du vide, ils n’ont pas peur, personne ne les surveille, enfin si, les plus grands s’occupent des plus petits, ça me rappelle le Vietnam ! 

Maman :  Le puits citerne est impressionnant. Il est construit sur six niveaux souterrains. Chaque étage est sculpté c’est magnifique on dirait effectivement une cathédrale inversée. Le puits est si profond que la lumière arrive à peine à éclairer le fond. Il fait très frais à l’intérieur. La construction est faite de murs au-dessus du vide.

Surprise, parc d’attraction à Akshardham   

  
Léna : Et c’est reparti, assises dans le tuktuk, nous parcourons les 25 km qui nous séparent du temple d’Akshardham, enfin, nous pensions que c’était un temple… A l’entrée, il y a énormément de sécurité ! Nous n’avons rien le droit de prendre avec nous à part … de l’argent ! Nous devons poser les téléphones, les appareils photos, l’eau, la nourriture … Tout quoi !  Une fois de plus, nous ne comprenons pas tout, il y a 3 comptoirs différents (un pour les téléphones, un pour les appareils photos et un pour les sacs à dos) mais finalement nous posons tout au même endroit ! Les gardes nous prennent en photo pour associer notre tête au numéro de casier, c’est vraiment très sécurisé !! À l’intérieur, il y a énormément de monde, pourquoi sommes-nous encore surprises ? Nous sommes en Inde, le pays le plus peuplé au monde ! Ce lieu relève davantage du parc d’attraction que d’un temple religieux, nous nous retrouvons face à des auto-tamponneuses, des toboggans géants, de grands espaces verts bien entretenus et tout au fond nous apercevons tout de même le fameux temple.  
  

Photo de Ahmedabad Tourism

Maman : Au fond de ce très joli parc nous découvrons le temple mais aussi une exposition de peintures et un musée reconstituant des scènes de la vie indienne. Beaucoup de monde vient ici, des familles indiennes avec les enfants. Nous devinons qu’il s’agit de classes sociales supérieures pourtant l’entrée est gratuite. Nous visitons rapidement l’intérieur du temple car nous n’avons pas beaucoup de temps nous voulons voir le film qui devrait débuter bientôt.

Léna : Il n’y a aucun autre touriste étranger, encore une fois, nous sortons bien des sentiers battus, les regards se posent sur nous avec insistance, mais à notre plus grand bonheur : les téléphones portables sont interdits ! Du coup, personne ne peut nous demander de selfies et les quelques personnes qui nous interpellent échangent réellement avec nous, c’est ce que l’on préfère ! Une femme âgée nous dévisage, quand elle arrive à notre hauteur, je lui fais un sourire et elle me répond « thank you ». Je suis à peu près sûre qu’elle a voulu dire bonjour mais qu’il s’agit du seul mot qu’elle connait.

Autre souci en Inde, il n’y a jamais aucun panneau ! Nous cherchons où aller pour voir le film, un homme derrière un guichet nous fait de grands signes, il est trop heureux qu’on soit là, il nous explique que la salle de prière est payante normalement mais qu’il peut nous faire rentrer gratuitement, il veut que nous comprenions la culture et prions pour trouver la paix intérieure. Il souhaite qu’à travers la méditation nous puissions devenir aussi sereines que le sont les indiens ! Nous le remercions mais nous cherchons la salle de cinéma pour voir un film sur écran géant : Mystic India, censé nous montrer de beaux paysages de l’Himalaya et les célébrations religieuses du pays. Ni une ni deux, il s’affole, passe un coup de téléphone (pour prévenir que l’on arrive, j’imagine…) et nous indique de nous rendre au guichet tout au bout de l’allée.  
  
Maman : On ne fait pas ce qu’on veut : obligées de se dépêcher pour acheter le ticket pour voir le film, nous sommes quand même dirigées vers la visite de l’expo 1 et 2 avant la 3 et en sortant ils veulent qu’on visite la 4 ! Nous nous exécutons rapidement pour leur faire plaisir car nous avons peur de rater le début de la représentation. Le film est sympa, de beaux paysages, pourtant Léna s’endort, j’essaye de la réveiller car les gens nous observent. Dès la fin, il nous faut nous dépêcher à nouveau pour aller au spectacle son et lumière, ils sont fiers de nous dire que c’est le même programmateur que le Futuroscope en France, nous payons l’entrée 100 rs (1€30). Mais beaucoup de blabla, que l’on ne comprend pas, il n’y a pas assez de spectacle, les gens apprécient plus les jeux d’eau et de lumières pourtant ils applaudissent aussi le blabla. Nous partons vite juste avant la fin, car notre chauffeur nous attend et on veut éviter la queue pour récupérer nos affaires.   
 

Diner excellent  

Léna : La nuit est tombée, une fois de plus nous n’avons pas mangé depuis 11 heures ce matin et j’ai faim. Je demande donc à notre chauffeur de nous poser quelque part pour manger, je demande une adresse locale qu’il aime bien et je lui dis qu’il n’aura pas besoin de nous attendre, nous prendrons un autre tuktuk pour rentrer après. Nous souhaitons le libérer pour qu’il puisse rentrer auprès de sa famille mais il est hors de question pour lui de nous lâcher avant notre hôtel. Il nous dépose devant un restaurant qui semble assez classe mais qui est rempli ! Comme il ne souhaite pas nous abandonner là, nous l’invitons donc à manger avec nous. Il s’occupe de la commande et met la pression aux serveurs pour que l’on ne manque de rien. Le service est extrêmement lent (le restaurant est complet !) mais la nourriture est excellente !! Nous dégustons des spécialités du Punjab : du kadai paneer, et un curry de pomme de terre aloo. Comme c’est très épicé, maman demande du riz et nous avons donc un pulav (riz pilaf) qui est aussi très épicé. Moi, je me régale !  

Maman : Tout est très bon, on peut faire confiance à notre chauffeur qui a choisi une bonne adresse pour nous. J’ai du mal à manger aussi épicé mais qu’importe, j’apprécie le moment présent. Le comportement de notre chauffeur et des serveurs est un spectacle très drôle. A la fin du repas, je paie l’addition et nous repartons en direction de notre hôtel. Se sentant responsable de nous, il refuse de nous déposer dans le quartier à proximité de notre adresse, il fait des détours pour arriver pile devant la porte de notre hôtel. Mission accomplie pour lui. Son attitude durant cette journée est allée bien au-delà de ce que l’on pouvait attendre d’un chauffeur de tuktuk aussi j’insiste beaucoup pour lui laisser un pourboire qu’il refuse. Je lui dis que j’aimerai qu’il emmène sa famille là-bas, que ses enfants vont aimer. Alors il accepte et promet d’y aller le week-end suivant.  

Départ pour Udaipur   

Maman : De retour à l’hôtel, je décide de dire au revoir à Akhtar et le remercier pour son aide et sa gentillesse pendant ces derniers jours. Je veux aussi lui glisser quelques billets. Il les refuse et je le sens blessé par mon insistance pour justifier mon geste. Il m’explique que j’avais besoin d’aide et qu’il a fait ce qu’il devait faire comme si j’avais été sa maman, comme à quelqu’un de sa famille. Je retourne vers Léna dans notre dortoir et en racontant ce qui vient de se passer, les larmes me viennent : comment ses personnes si démunies peuvent-elles refuser l’argent que l’on propose. Comment peuvent- ils être si bienveillants avec des inconnus sans rien attendre en retour ? Pourquoi avons-nous perdu cette générosité gratuite pour l’autre ?  


Le matin, nous sommes prêtes à partir. Je vais à l’accueil dire une dernière fois au revoir à Akhtar qui dort comme d’habitude sur le canapé. Je le réveille doucement et lui donne des gourmandises sucrées que nous nous étions ramenées de France. Il les accepte. Nous parlons un peu de sa vie : il est sans famille et vit dans cet hôtel où il travaille les nuits. Il est très touchant de solitude. Il me demande s’il peut me serrer dans ses bras avant de partir. Il m’a adoptée comme une personne proche et importante dans sa vie. Pourtant je ne suis que de passage. C’est le moment de partir. Il nous accompagne à la porte et interpelle un tuktuk. Un signe de la main et nous continuons notre voyage. 


Le chauffeur nous conduit à la station de bus, il est 6h30, il entreprend de faire le tour des agences pour être sûr de nous laisser au bon endroit, car comme d’habitude, rien n’est indiqué. Il nous accompagne à pied et laisse son tuktuk tourner le temps de se renseigner. Enfin il a trouvé et peut s’éloigner, rassuré.   
 

C’est ainsi que s’achève nos quelques jours à Ahmedabad, notre deuxième grande ville où tout ne s’est pas passé comme prévu : entre visite de l’hôpital, belles rencontres humaines, visite de différents quartiers, du centre historique, des pols, d’un temple/parc, d’un puits incroyable…. Nous garderons de beaux souvenirs de cette visite ! Maintenant, en route pour Udaipur !

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