Jordanie : le désert de Wadi Rum et la Mer Morte

Après un trajet en taxi depuis Petra dans le brouillard, je monte avec Atallah en direction du désert de Wadi Rum. Le brouillard disparaît laissant place à la nuit noire, les étoiles scintillent au dessus de la jeep, mon chauffeur m’apprend qu’il s’en sert pour se repérer. Bienvenue dans le désert !

Nous faisons connaissance en roulant jusqu’au village, il m’explique que « Bedouin Friends » est une organisation créée par ses amis et lui il y a environ 6 ans. Ils travaillent tous les jours, emmènent les touristes (principalement français, ils sont dans le guide du routard) à la découverte du désert.  Il adore ce qu’il fait et est fier de rencontrer toujours de nouvelles personnes pour leur faire découvrir son environnement. 

Atallah m’amène chez lui, je bois le thé avec ses amis et sa famille. Je ne sais pas trop ce que je fais là mais après une dizaine de minutes, « Jean Claude » le frère d’Atallah arrive pour venir me chercher et m’emmener au campement de ce soir. 

Il est très bavard et connait plein de mots et d’expressions françaises.  

Le 4×4 n’est pas tout neuf, il n’y a pas d’autoradio et au moindre petit blanc dans la conversation, Jean Claude se met à chantonner.

Je lui demande s’il va passer la nuit à la belle étoile, il m’explique qu’il ne sait pas encore mais il est content d’aller voir le groupe et ses amis. Nous roulons une bonne vingtaine de minutes dans le désert. Nous ne voyons absolument rien. C’est extrêmement bizarre comme sensation. Aucune lumière, pas de route, nous suivons des traces de pneu dans le sable. J’aperçois parfois d’autres phares de voitures et j’ai l’impression que l’on va se rentrer dedans, puis les phares disparaissent, ils étaient en fait très loin. Je perds toute notion de l’orientation et des distances. Le désert c’est clairement quelque chose d’ hors du commun

Arrivée au camp, je dis « hello » mais tout le groupe me répond en français ! Il y a 12 personnes, ils finissent de manger. Les bédouins déjà présents sont en train de jouer de la guitare et de chanter. Jean Claude me met immédiatement à l’aise, il m’offre du thé et le repas, du riz super parfumé avec des légumes (et du poulet que je ne mange pas). 

Nous faisons connaissance, regroupés autour du feu de camp, nous n’avons pas froid. Il y a principalement des couples, de tous les âges ! Je suis probablement la plus jeune et je voyage solo, ça attise la curiosité aussi je n’échappe pas aux traditionnelles questions posées toujours avec bienveillance. Je leur parle de mon long voyage et plusieurs me demandent le nom de mon blog. 

Après quelques heures à bavarder et écouter les musiques bédouines, nous installons les matelas. Nous sommes serrés comme des sardines ! Au moins ça réchauffe, j’ai les pieds de mes voisins du dessus à côté de la tête, heureusement la fumée du feu couvre les odeurs 😉 

Nous discutons, allongés, en regardant les étoiles mais le sommeil nous rattrape vite. Il n’est que 21h30 pourtant nous ressentons qu’il est au moins minuit ! Impossible d’avoir une notion du temps au milieu de la nature. 

Grâce aux énormes couvertures en peau de chèvre (je crois), nous n’avons pas froid ! Nous dormons comme des bébés et je n’ai qu’un souhait : me réveiller à temps pour le lever du soleil ! 

Jour 9 : Incroyable visite de Wadi Rum 

À 5h, j’ai les yeux grands ouverts, le ciel est couvert mais il fait déjà jour. Pas de soleil à l’horizon, pour le lever de soleil : c’est raté ! 

Je patiente tranquillement que tout le monde émerge, vers 5h45, l’ensemble du groupe est réveillé ! Il faut dire que l’on s’est couché tellement tôt, que nous avons fait une bonne nuit !! 

Je décide d’aller me promener (et faire un petit pipi matinal dans le désert), j’escalade des gros rochers, galère à marcher dans le sable avec mes jambes engourdies par la nuit, j’aperçois le reste du groupe faire son petit tour. Il ne fait vraiment pas chaud… 

Je trouve un abri sous une roche qui fait comme une petite grotte, j’ai une super vue en face de moi. Comme il n’y a plus de vent, c’est déjà plus agréable. Je fais quelques étirements, médite quelques minutes et je sens que le temps change, une averse approche ! Je cours me réfugier au camp de base, ou les bédouins qui ont dormi avec nous sont en train de s’occuper de rallumer le feu. J’arrive juste à temps ! 2 minutes après … il se met à grêler !! Quand on pense au désert, je ne sais pas vous mais moi je pense : chaleur insoutenable la journée, fraîcheur la nuit, cactus et pas de pluie. 

La réalité a Wadi Rum ce jour-là est bien différente ! Alors, déjà, il n’y a pas de cactus ! La fraîcheur la nuit s’est bien confirmée, heureusement qu’on avait un feu et d’énormes couvertures car on a approché les 0 degré ! Mais alors la chaleur la journée, je la cherche toujours !! Il y a eu beaucoup de vent, des nuages et le soleil ne tapait pas si fort… ! Et concernant la pluie, non il ne pleut pas à Wadi Rum, il grêle !!!! De la grêle dans le désert !

Expérience surprenante et pour le moins inattendue ! 

Le désert s’est retrouvé tout blanc pendant quelques courtes minutes, c’était beau et surprenant ! Passée la surprise générale provoquée par la grêle, nous nous asseyons tous autour du feu. Nous attendons. Nous voulons prendre vite le petit déjeuner, impatients de partir à la découverte du désert. Les minutes passent et … rien ne se passe ! Les bédouins sont retournés se coucher, nous sommes tous réveillés et nous patientons, longuement… heureusement le groupe est super ! 

Il y’a Nono et Madeline des belges, Nono est danseur, Madeline travaille dans la musique, ils sont super sympas ! Les nordistes, Jérémy et Mathilde avec qui nous avons un très fort sentiment de déjà vus. Ils pensent m’avoir déjà croisée quelque part et le sentiment est partagé. Nous avons beau partager nos itinéraires, nous n’arrivons pas à trouver l’endroit où nous avons pu nous rencontrer. Ils ont aussi grimpé l’Adams Peak au Sri Lanka et voyagé en Asie du Sud-Est mais les dates ne collent pas… bizarre ! 

Myriam et Jean Michel, un couple de retraités qui vit dans les Alpes et voyagent aussi souvent que possible. Il y a François et Mehdi qui sont en route pour la Mecque, l’oncle et le neveu. Et enfin, Charlotte, Valérie et leurs maris. Et alors là, c’est un sketch ! Valérie ne fait que râler (avec le sourire tout de même) parce qu’elle s’est réveillée beaucoup trop tôt et qu’elle aurait pu dormir au moins 1h de plus ! Puisqu’il n’y a rien à faire… Ils sont ici pour 4 jours et ont choisi l’option de découvrir le désert à pied, en mode randonnée. Valérie nous explique qu’elle déteste la randonnée et marcher. Puis elle enchaîne en nous racontant les 3 semaines de randonnée en pleine nature, à 3000m d’altitude au Pérou qu’ils ont fait il y a plusieurs années. Pour quelqu’un qui n’aime pas marcher, elle relate les souvenirs de cette expérience avec des étoiles dans les yeux !

À 8h, les bédouins nous servent enfin le petit déjeuner ! Cela fait plus de 2 heures que l’on attend cela, vous n’imaginez pas à quelle vitesse on se jette sur le repas ! Hummus, vache qui rit, œuf dur, pains pita réchauffés directement dans les cendres …  On se régale ! Trop, trop bon ! 

Et puis nous attendons encore… Passé 9h, le reste de l’équipe de Bédouins revient en jeep ! Ça y est ça va être l’heure du départ. Nous sommes congelés. Nous remarquons rapidement que sur les 3 jeeps présentent, seule l’une d’entre elle est fermée, les autres sont des genres de pick-up ou l’on doit s’asseoir à l’arrière et donc sans abri. 

Chacun d’entre nous espère avoir la Jeep fermée. 

Nono, Madeline et moi-même sommes appelés en premier. C’est avec eux que je m’entends le mieux et suis ravie d’être dans leur groupe. Nous partagions une couverture depuis 1 heure au coin du feu, ça rapproche ! Et là… surprise !!! Nous avons la jeep fermée, c’est la meilleure nouvelle du jour. 

La météo est capricieuse, on aperçoit le ciel bleu puis immédiatement les nuages, un ciel tout couvert et triste, sans exagérer, le changement s’opère en 2 minutes. Cependant, il en faut plus pour nous décevoir : les paysages autour de nous sont juste incroyables. 

Premier arrêt : la grande arche ! Le guide nous prévient : « Il y a eu un mort hier, si vous montez en haut, ne sautez pas pour une jolie photo, au moindre coup de vent, vous allez vous retrouver en bas. Il est mort. »

Légende urbaine ou vraie histoire ? Dans le doute, nous ne testerons pas. Il est vrai qu’il y a énormément de vent. Avec Madeline, nous escaladons donc l’arche, c’est raide mais il y a des sortes de marches creusées dans la roche qui facilite l’ascension. Je suis surprise par l’étroitesse de l’arche, elle parait plus large vue d’en bas. Nono est resté en bas pour nous prendre en photo, puis, c’est mon tour de descendre pour les prendre en photos tous les deux. 

Une fois en bas, nous nous remettons en route, notre chauffeur nous montre au loin des falaises et nous explique que chaque caillou à un nom. Les nomades se donnent rendez-vous en fonction des noms de ces énormes roches. C’est bien différent de nos noms de rue ! 

Nous faisons une pause pour ramasser du bois mort qui servira à allumer le feu du repas de midi. Et d’un seul coup, sorti de nulle part, il se met à pleuvoir !!! De la pluie dans le désert, vous avez déjà vu ça ? Après la grêle ce matin, nous sommes gâtés ! 

Nous roulons donc sous la pluie, mais heureusement, ça ne dure pas. Nous enchaînons les arrêts, je n’ai aucun moyen de me repérer dans le désert mais chaque endroit est singulier : du sable, des roches, des canyons, le champignon, la poule, le lieu de pèlerinage de Lawrence, la dune, …

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C’est vraiment incroyable, ça ne ressemble à rien que je connaisse (normal Léna, tu n’étais jamais allée dans un désert avant ce jour !!). Je suis agréablement surprise, nous ne croisons pas beaucoup de jeep, nous avons l’impression d’avoir le désert pour nous et nous nous sentons tellement minuscules, ridiculement insignifiants à l’échelle de la planète. Ça remet les pendules à l’heure, l’Homme n’est pas le centre du monde.

J’hésite plusieurs fois et finis par me pincer, est ce que je rêve ? Non, c’est bien réel et tellement irréel en même temps. 

Notre guide s’arrête à un endroit, à l’aide de ses mains il émet un son. Ce n’est pas 1, ni 2, ni 3 échos qui nous reviennent mais 18 ! C’est complètement dingue. 

Madeline est chanteuse, elle nous fredonne des chansons dans les différents endroits que nous visitons pour en tester la résonance. C’est absolument magique. Je suis trop heureuse de faire le tour avec eux ! 

Nous faisons une pause repas à la mi-journée, notre guide allume un feu et sort les casseroles. Nous nous proposons de l’aider mais il n’a pas l’air d’apprécier, nous le laissons faire et il est tout content. Message reçu ! La première chose qu’il s’empresse de préparer c’est… le thé ! A l’aide de peu d’ingrédients, il nous concocte un super repas ! Je me régale ! 

A chaque arrêt, notre guide nous encourage à escalader, nous nous transformons en cabris, nous devenons de plus en plus à l’aise (quoi que, je fais toujours très attention où je mets mes pieds). Dans la série des choses improbables, après avoir escaladé un de ces énormes cailloux, notre guide nous montre une source d’eau ! En haut d’un rocher ?! Je ne comprends pas tout… Je croyais qu’il n’y avait pas d’eau dans le désert…

Nous commençons à fatiguer, bien que nous nous déplacions en jeep, le désert est en train de nous dépouiller de notre énergie, j’ignore si c’est dû à l’immensité de ce lieu, au manque de repères, au climat, la matinée au coin du feu… mais je suis vraiment vidée de mes forces. 

L’un des derniers arrêts, c’est une immense dune. Je n’avais jamais grimpé une dune. Au Vietnam, j’avais un quad, certes très lent mais c’était toujours plus simple qu’à pied haha ! A chaque pas en avant, mon pied s’enfonce et je redescends. C’est dur ! Je triche un peu en passant par la roche sur le côté, c’est moins pire. La vue au sommet de la dune valait carrément le coup, aucun regret !! Nous avons une vue à 360 degrés sur le désert, c’est à couper le souffle. Vraiment !


Je redescends en courant à toute vitesse, le sentiment de liberté est juste inqualifiable. Autant pour monter, mes pas me faisaient reculer, autant en descente, je vais super vite puisque le sable s’écoule sous mes pieds, dans le bon sens cette fois !

Notre guide nous ramène au village où Atallah nous rejoint pour le règlement et appelle la compagnie Jett Bus pour me réserver mon trajet de Aqaba à Amman, toujours aussi serviable, c’est un système bien réglé. 

Nono et Madeline me proposent gentiment de m’amener au bus à Aqaba! Je fais donc un peu de route avec eux. Le soleil est en train de se coucher derrière les montagnes, c’est super beau. Mais il faut rester concentrer sur la route, les jordaniens ont une conduite toujours aussi particulière, à première vue, il n’y a pas de règles pour se déplacer sur l’autoroute. 

Une fois à Aqaba, nous nous trompons plusieurs fois d’endroit, nous ne trouvons pas LA bonne station de bus, il y en a plein. J’aperçois la Mer Rouge depuis la voiture !! De loin certes mais c’est mieux que rien. Pas le temps de m’arrêter, Nono et Madeline s’assurent que je suis bien dans le bus avant de repartir, j’apprécie vraiment cette petite attention, ils m’ont bien dépannée et ont été adorables ! 

Retour à Amman en bus

Il est 19h, la nuit tombe, je suis la seule touriste du bus et il n’y a que très peu de femmes effectuant le trajet. Je m’assois vers le fond pour être tranquille, j’ai les deux places pour moi toute seule. Il y a un groupe de mecs, plutôt jeunes, genre ados rebelles assis derrière moi. Ils sont bruyants et m’agacent un petit peu. Vous commencez à me connaitre, ça ne m’empêche pas de m’endormir ! Je me réveille en sursaut en sentant une présence au-dessus de moi, un jeune homme est penché sur moi, sa tête à quelques centimètres de la mienne. Je le repousse et lui dit « qu’est-ce que tu fais ?! » sur un ton pas très gentil, il vient de me réveiller quand même. Je vois à son visage qu’il est gêné et ne parle pas anglais. Cette situation dure une fraction de secondes et je comprends rapidement qu’un poids sur mon corps m’est inconnu, je regarde et vois qu’il a déposé sa veste en cuir (une vraie de vraie qui pèse bien lourd) sur moi. J’enlève la veste et lui rends avec un geste pour lui faire comprendre que je n’en ai pas besoin. Il se retire mal à l’aise et … je me rendors immédiatement ! Pas traumatisée pour deux sous. Je suis à nouveau réveillée en sursaut quelques minutes plus tard. Je revis exactement la même situation : veste lourde en cuir posée sur moi et mec jeune avec visage embarrassé beaucoup trop proche de moi quand je dors. Je lui refais le coup du regard « je t’ai rien demandé, laisse-moi dormir, compris ? » mais cette fois-ci, il a prévu le coup ! Il sort son téléphone sur lequel il a ouvert l’application Google traduction et je peux lire « il fait froid par ici ». C’est tellement gentil que je ne peux pas lui en vouloir. Et puis, je veux juste dormir. Je garde donc la veste et avant que je n’ai pu dire merci, il a déjà disparu pour rejoindre ses copains. 

Honnêtement, il fait super froid dans le bus et je suis ravie d’avoir sa veste, je serai morte de froid autrement !! Je continue ma sieste bien au chaud. 

Je me réveille avant mon arrêt, je rassemble mes affaires et suis prête à sauter du bus puisque dans ce pays, je ne sais jamais si le bus va réellement s’arrêter ou non. Nous arrivons à une vraie station de bus et j’ai donc le temps de m’approcher du gentil jeune homme qui a toujours une allure de racaille pour lui rendre sa veste, je me demande s’il va me demander mon numéro, tenter une approche pas très subtile, faire le malin devant ses copains… J’anticipe toute sorte de scénario SAUF celui qui se produit, il attrape la veste d’une main et m’ignore. Je ne pense même pas qu’il ait eu le temps d’entendre mon « choukran » prononcé à la hâte. Je suis sur les fesses ! Est-ce que ce genre de mec existe en France ? J’ai un vrai doute. 

Merci la Jordanie de casser tous mes préjugés et de me redonner foi en l’humain. 

J’attrape rapidement un taxi pour mon auberge, il est 23h et je n’ai pas envie de m’attarder, pas 100% rassurée à ce moment-là, j’avais pas encore réalisé que le mec était juste gentil et je m’attendais plus ou moins à un coup monté de sa part. Les préjugés sont durs à déconstruire. Je négocie mal mon taxi et paye 1 JOD de trop, tant pis. J’arrive à mon auberge Cliff où le responsable me reconnait immédiatement et prends des nouvelles de mon séjour, c’est adorable. Mon lit est prêt et je m’endors comme un bébé. 

Jour 10 : direction la Mer Morte 

Je n’y crois pas, c’est déjà le dernier jour. Pour ne pas changer mes bonnes habitudes du début du séjour à Amman, je me rends à Hashem pour le petit déj’ à 7h du matin. J’ai pris le rythme et je me sens comme une habituée. Même le serveur me reconnait ! 

Je prends ensuite un bus direction la station Jett bus mais en fait, ce n’est pas le bon arrêt, me voici à nouveau dans un taxi direction une autre station que l’on m’a indiquée, cette fois c’est bon je peux acheter mon billet aller-retour pour la Mer Morte. 

Le trajet en bus passe vite, nous faisons un arrêt au point 0 : à partir de là, nous sommes en dessous du niveau de la mer, c’est impressionnant. J’ai repéré sur internet le Dead Sea Resort, d’après les avis sur internet, c’est pas mal, je m’y rends de bon cœur. La réceptionniste m’explique que les piscines et espaces aquatiques du resort ne sont pas très chauds et me propose d’aller voir par moi-même avant d’acheter le ticket d’entrée. C’est gentil de sa part, je jette un coup d’œil aux différents bassins, maintenant que je suis là, je vais acheter l’entrée de toute façon. En fait, il n’y a plus de plage publique suite à un accident survenu en début d’année qui a entrainé la mort de nombreux enfants, du coup, il faut forcément passer par un resort pour accéder à l’eau. Je paye donc les 20 JOD pour la journée et descends au bord de mer. 

Le long du chemin, des panneaux indiquent « la mer montait jusqu’ici en 1990 », quelques mètres plus bas « la mer montait jusqu’ici en 2000 » puis les distances entre chaque panneau s’agrandissent et « la mer montait jusqu’ici en 2005 » puis 2010. Prise de conscience, le trou béant entre le resort et l’eau (qui ne rend pas ça super joli) est causé par le réchauffement climatique et les Hommes qui puisent des ressources en eau dans cette Mer. 

Après m’être changée, j’ai un look atypique : chaussures de rando, maillot de bain et enroulée dans une serviette microfibre. Au top du glamour, comme toujours en voyage ! Je m’approche doucement de l’eau, il y a beaucoup de déchets ramenés par la mer sur la « plage » faite de galets  (le personnel du resort passera plusieurs fois en ramasser dans la journée, vraiment hallucinant cette quantité de plastique qui s’échoue). 

Il ne fait pas très chaud, une vingtaine de degrés dehors mais l’eau est environ à la même température donc il n’est pas trop difficile de rentrer dedans. C’est vraiment une sensation bizarre et drôle, il est dur de marcher car les pieds remontent et ne veulent pas rester au sol, il est impossible de nager sur le ventre car les jambes sortent de l’eau à partir du genou, même les fesses ne restent pas sous l’eau ! Impossible aussi de rester debout et de toucher le sol ! Ça limite les options. La meilleure solution c’est encore de se mettre sur le dos, mais pas trop longtemps car ça piquote l’eau salée, je sens que ma peau n’aime pas… Retour sur la plage, je décide quand même de me couvrir de boue, maintenant que je suis là, ça serait bête de passer à côté, il s’agit de l’une des activités principales à effectuer ici. J’ose demander à une dame de me prendre en photo dans ce drôle d’accoutrement et je retourne dans l’eau pour me rincer … Je frotte avec mes mains pour enlever la boue séchée et là, surprise, grosse allergie ! Mon corps est couvert de plaque rouge. Je cours me rincer à l’eau claire mais le mal est fait, il me faudra des heures pour que ces centaines de petits points rouge disparaissent (et arrêtent de me gratter). Ma peau a toujours été sensible à l’eau mais là, c’est un autre niveau ! 

Je m’installe donc sur un transat à l’écart du monde et décide de passer ma journée à lire. J’ai un énorme bouquin, la suite de Shantaram (que je recommande fortement au passage !) à finir, ça tombe bien. Dès que le soleil se cache, il ne fait pas très chaud et je m’enroule dans ma serviette.

Après l’effort, le réconfort ! Je mange un super « grilled vegetables » avec des frites, trop bon ! Voilà plusieurs jours que je rêve de frites après ma rando, c’est par-fait ! 

La journée est un peu longue et j’ai dû mal à comprendre comment on peut s’occuper une journée entière dans un resort … Il faut dire que les piscines sont trop froides et que je ne peux donc pas en profiter. En tout cas, ça me conforte dans mon mode de voyage favori, le backpacking c’est la vie ! Le luxe, pas mon truc. 

J’admire le coucher de soleil sur la mer Morte, puis c’est enfin l’heure du retour en bus.

Comme cette journée a été bien plus « plan-plan » que les précédentes, je choisis de rentrer à pied jusqu’à l’auberge. Je traverse plusieurs quartiers, je monte, je descends, comme toujours à Amman ! Une fois dans le centre, je me retrouve dans une rue avec ’’que’’ des animaleries. De chaque côté de la route, les vitrines se succèdent avec chiots et chatons en cage. Ça me fend le cœur, toutes ces petites bêtes enfermées et affichées derrière les fenêtres… 

Une fois mes affaires posées et après une bonne douche bien méritée, je pars à la recherche de cartes postales, impossibles à trouver, c’est fou ça !! Tant pis, je télécharge l’application TouchNote et crée mes propres cartes postales pour envoyer quelques souvenirs. 

Je mange un dernier kunafeh et rentre me coucher, je ne réalise pas que mes 10 jours se sont déjà écoulés, c’est passé tellement vite, c’était tellement bien ! 

Jour 11 : déjà la fin …  

Est-ce que je vous dis où j’ai pris mon petit déjeuner ? Les plus assidus auront compris, à Hashem ! Pour changer, je commande falafels, houmous, pita ,… Mon repas préféré du monde entier ! Je ne m’en lasse pas, avec de la menthe fraiche, mmmh, rien que d’y repenser j’en ai l’eau à la bouche ! 

Puis c’est le départ pour l’aéroport, toutes les bonnes choses ont une fin comme on dit. Alors que je me suis rendue au 7th cercle (l’endroit où j’avais été déposée à l’aller) pour attendre le bus, je me rends vite compte que l’attente peut être longue et je suis en plein soleil. Les chauffeurs de taxi affluent et proposent de m’emmener. L’un deux me propose de m’y amener pour 8 JOD après négociation, le ticket de bus est à 3,5 et de toute façon, il me reste de la monnaie, j’accepte ! Me voici donc dans un petit taxi pour me rendre à l’aéroport. Une petite touche de confort que je ne m’autorise pas souvent. 

La Jordanie a été une expérience incroyable ! J’ai aimé être dépaysée à Amman, ne pas comprendre le fonctionnement de cette grande ville et découvrir les ruines de Jerash. J’ai ADORE randonner dans la vallée de Dana avec mon super hôte couchsurfing, j’ai vu la cité majestueuse de Petra, j’ai passé une nuit dans l’immensité du désert de Wadi Rum, j’ai aperçu la Mer Rouge et flotté dans la Mer Morte ! Beau programme en 10 jours seulement. J’ai été subjuguée par la gentillesse des jordaniens, leur nourriture délicieuse et leurs paysages incroyables. Je recommande à 10000% !!

Je vous invite à lire mes 2 autres articles sur cette destination :
– Amman et Jerash
– Petra et randonnée à Dana