Voyage en Roumanie, la Transylvanie en stop! (2)

Après 3 jours en solo que je vous ai raconté précédemment, c’est un nouveau tournant que prend mon voyage ! En compagnie de Maddy, nous nous aventurons dans les hauteurs de la Transylvanie, expérimentons des moyens de transports en stop pour le moins improbable et malgré toutes les galères, nous avons adoré !

Je vous laisse avec la suite !

Jour 4 : Brasov – Balea Lac – Sibiu 

Nouvelle journée, nouvelle aventure ! Aujourd’hui, départ de Brasov direction Sibiu. J’ai échangé quelques messages avec Maddy sur l’application couchsurfing, une australienne vivant à Londres qui passe également une semaine en Roumanie. Dans sa description elle dit chercher une copine de voyage pour faire du stop. Dans ma tête, cela signifie qu’elle est expérimentée et veut juste de la compagnie. Rendez-vous à la station essence de la veille, vu que j’avais trouvé un chauffeur en quelques minutes, je suis très confiante. Elle me rejoint et nous faisons connaissance sur le trottoir, le pouce en l’air ! Première bonne impression, elle a le sourire, elle a l’air super excitée et je comprends alors que c’est la première fois qu’elle fait du stop !!! Trop heureuse de partager ce moment avec elle !

Rapidement, une voiture s’arrête ! Un jeune qui parle super bien anglais, yes c’est parfait ! Je dis à Maddy de monter devant et en route ! Il va jusqu’à Sibiu mais nous lui demandons de nous déposer au rond-point qui permet de rejoindre le Lac Balea dans les montagnes. Pas de souci. Sur le chemin, nous écoutons de la musique, discutons voyage bien évidemment, il rêve d’aller en Colombie, aucune de nous n’y est allée. Maddy parle de l’Australie et de ses voyages, moi des miens. Nous passons vraiment un bon moment.  La route est super sympa, nous longeons la chaine de montagne qui se dresse sur notre gauche, les sommets sont enneigés. Notre chauffeur nous recommande de bien nous couvrir, il va faire froid au lac, je veux bien le croire, il y a de la neige ! En traversant le village de Fagaras il nous montre l’église la plus moche qu’il connaisse, elle a un toit « doré » qui brille façon faux or, ce n’est vraiment pas joli ! Et surprenant dans un si petit village. Il nous dépose finalement au rond-point comme prévu, nous faisons une pause toilette dans le restaurant à côté, nous sommes super bien reçues alors que nous ne passons même pas commande. 

Et c’est reparti, on lève le pouce. C’est une toute petite route, peu de passage… Ça me rappelle l’Albanie, quand j’ai fait du stop avec un américain et qu’on s’est mis à lancer des cailloux dans les flaques pour s’occuper. Je m’entends quand même beaucoup mieux avec Maddy, pas besoin d’envoyer des cailloux pour passer le temps ! Une voiture s’arrête, c’est notre deuxième chauffeur. Il s’agit d’un papy et sa petite fille. Il est tout content de nous la présenter, … mais on ne comprend pas grand-chose. La voiture est toute petite et vieille. J’espère secrètement qu’il ne va pas jusqu’au lac car j’ai peur que la voiture lâche en route. Il s’agit quand même d’une route de montagne qui monte beaucoup et tourne encore plus !! Mais heureusement, il s’arrête au premier village. Nous avons avancé de 5 km et il en reste 15. Allez, on y croit. 

Aucune voiture ne passe. Nous nous mettons d’accord, si nous n’avons pas bougé dans 30 minutes, on fait demi-tour. Nous ne sommes vraiment pas sûres d’arriver là où on veut. En fait, la route que nous souhaitons emprunter est la Transfagarsan. La fameuse route que vous avez pu apercevoir dans Top Gear ! Réputée comme l’une des plus jolies routes du monde, j’ai vraiment à cœur d’y aller, mais sans voiture, c’est impossible…

Nous apercevons un camion militaire, ils nous font coucou alors en rigolant nous leur répondons. Quand ils s’arrêtent et nous proposent de monter, nous sommes surprises et hésitantes, mais pas le temps de réfléchir que nous sommes déjà installées. Ils parlent anglais et rigolent également de la situation, une première pour nous et pour eux aussi ! Ils nous déposent quelques kilomètres plus loin et s’enfoncent dans un chemin boueux. Au milieu de nulle part, il n’y a plus rien autour de nous. Les montagnes se dressent face à nous, comme pour nous provoquer. On arrive !!! 

Encore 15 km jusqu’à Balea Cascada !

Une voiture passe et un couple roumain s’arrête, ils ont une jolie voiture de location, un couple assez aisé. Nous nous installons à l’arrière, ils ne parlent pas anglais mais nous expliquent qu’ils se rendent après le lac. Je réponds à Maddy que je trouve ça bizarre car on m’a informée que la route est fermée après le lac. La route ouvre normalement le 1er Juin et nous sommes fin Mai. Comme ils sont roumains, nous imaginons qu’ils savent ce qu’ils font, mais non, la route est fermée ! Ils sont très surpris. 

Nous sommes arrivés à la cascade de Balea d’où part le téléphérique jusqu’au lac. Le trajet coûte 60 leu aller-retour. Nous montons dans cette petite cabine rouge, curieuses de ce que nous allons découvrir. Nous sommes actuellement à 1400m et nous allons monter à plus de 2000m. J’ai enfilé ma petite veste, je suis prête ! Tout est vert autour de nous, nous apercevons la cascade, quand soudain, nous montons d’un coup et passons de l’autre côté. Plus nous avançons, plus le paysage devient blanc. Nous découvrons la fameuse route sous nos pieds. C’est beau !!!

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Arrivées en haut, je suis bouche bée. Ce n’est pas un petit peu de neige qui nous attend mais beaucoup de neige !! Le lac est totalement gelé, je suis loin des photos que j’avais repérées sur internet avec un joli lac de montagne tout bleu. Ici tout est blanc, avec le soleil, il ne fait pas si froid, nous sommes bien. 

Nous nous asseyons chacune de notre côté pour contempler la vue. C’est vraiment magnifique. 

Mais un nuage apparait et nous ne voyons plus rien, c’est encore une autre ambiance, un autre paysage, toujours beau … Finalement, le nuage s’en va rapidement. Après un long moment au calme absolu au sommet de la montagne, nous décidons de redescendre. Il est déjà plus de 14h, nous achetons à manger sur les petits stands qui longent la route, je prends un beignet au fromage, très bon ! 

Il nous reste 70 km jusqu’à Sibiu seulement aucune voiture ne part de la cascade. Je ne sais pas ce que font les gens mais visiblement, ce n’est pas une heure pour partir. Nous décidons finalement de tenter notre chance et demandons à une famille qui est assise près de nous et qui mange si par hasard ils redescendent sur la route principale. Les parents sont roumains/allemands et la fille a vécu plusieurs années en Australie. Le courant passe super bien, nous discutons tous ensemble pendant un bon moment puis ils acceptent gentiment de nous ramener jusqu’au rond-point d’où nous pourrons reprendre la route pour Sibiu. Le père nous offre une bière chacune malgré nos protestations et nous devons la boire dans la voiture, dans les virages haha. Ils sont adorables et nous passons vraiment un bon moment. Ils parlent beaucoup de l’Australie et ça ravive mon envie d’y aller…

Au rond-point, il n’y a pas d’endroit pour que les voitures puissent s’arrêter alors nous marchons le long de la route. Il fait à nouveau beau et chaud, tout va bien ! Nous levons le pouce …

Finalement, un camion klaxonne et s’arrête quelques mètres plus loin. Le routier parle seulement roumain donc la conversation est compliquée. Il se met à pleuvoir des cordes au moment où il devait nous déposer, il décide d’aller 8 km plus loin que son itinéraire pour nous laisser à l’abri. Très gentil ! Nous sommes dans la zone commerciale à l’extérieur de Sibiu, le centre est à un peu plus de 3km et nous nous y rendons à pied dès que la pluie cesse. 

Je suis surprise de voir des voitures Dacia partout, c’était ma voiture quand j’habitais encore en France ! Il y en a pleiiiin !  Nos routes se séparent, Maddy dort en couchsurfing et je vais me chercher une auberge pour la nuit. Nous avons décidé de faire la route ensemble le lendemain jusqu’à Cluj Napoca, dernière ville de mon périple !

En attendant cette dernière ligne droite (enfin, ce que je croyais être une ligne droite, vous comprendrez après…) je découvre la très jolie petite ville de Sibiu, toujours les maisons colorées que j’adore, des rues piétonnes, des boutiques, c’est très vivant, il y a même des spectacles d’art de rue (marionnette, clown, musicien…). 

Je me rends à l’auberge Smart Hostel, bien située et la moins chère d’après mes recherches. Malgré un accueil chaleureux, un dortoir immense, pour changer je suis toute seule ! J’ai vraiment du mal à faire des rencontres ici ! Je pars immédiatement visiter la ville, totalement sous le charme. Je m’y sens vraiment bien. Comme à mon habitude, je verse ma petite larme en réalisant la beauté du voyage que je suis en train de vivre et son caractère unique. Il y a de nombreuses églises, des placettes qui semblent sortir d’un conte pour enfants. Les maisons semblent avoir des yeux dans le toit. Il y a vraiment un côté féérique.

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J’aperçois le coucher de soleil au dessus des toits et rentre finalement à l’auberge, après une salade composée maison, je vais me coucher, épuisée !

Vue de Smart Hostel

Jour 5 : Sibiu – Cluj Napoca

Petit déjeuner à l’auberge, des personnes sont dans la cuisine mais de bon matin, je ne suis pas d’humeur à bavarder, tant pis ! Je refais un tour rapide du centre, sous le soleil cette fois et me dirige vers le point de rendez-vous convenu avec Maddy. 

Nous patientons, longuement… Sans succès. Énormément de personnes attendent au même endroit que nous, quelques voitures s’arrêtent et quelques personnes montent à chaque fois, mais ce n’est pas pour nous.

Est-ce parce qu’on est 2 ? Parce qu’on a un carton « Alba » avec nous ? Qu’il est midi et que les gens rentrent chez eux ? Aucune idée. 

Je n’ai JAMAIS attendu aussi longtemps de toute ma vie, je désespère un peu… Mais heureusement que nous sommes deux, nous papotons et ça passe un peu plus vite. Nous nous mettons à danser, faire coucou à tout le monde avec de grands sourires, nous tentons le tout pour le tout ! Nous recevons beaucoup de rires, sourires, coucou en retour, c’est déjà ça, nous restons positives ! 

Finalement, après 1h d’attente, un monsieur s’arrête et nous explique qu’il va au prochain village. Parfait, du moment qu’on avance, ça nous va ! Il nous pose 10 minutes après, au moins nous sommes seules à attendre à cet endroit. Un taxi s’arrête quelques secondes après, nous lui expliquons que nous ne voulons pas payer et il nous explique qu’il n’est pas en service et qu’il peut nous emmener gratuitement puisqu’il va à Alba Iulia aussi. Super ! Il parle bien anglais mais il est très bizarre, il nous fait des blagues type humour noir qui ne font rire que lui. Mais bon, il nous amène à bon port !

Nous découvrons la ville d’Alba Iulia, c’est vraiment tout petit mais très mignon. La ville fortifiée est en forme d’étoile, c’est plutôt atypique ! Nous craquons pour une glace, c’est ma deuxième glace en Roumanie et elle est encore une fois délicieuse ! Il y a des stands de glaces partout dans ce pays et je comprends pourquoi … Miaaaaam . 

Après une rapide visite, nous nous remettons en route, pouce en l’air. Mais nous sommes trop dans le centre de la nouvelle ville (en dehors de l’étoile) et personne ne s’arrête. Nous décidons de prendre un bus pour nous rendre au terminus d’où nous espérons avoir plus de chance. Le bus se vide et nous nous retrouvons seules avec le chauffeur, coincés dans les embouteillages. Ce qui devait être 4 km plus rapide en bus nous prennent plus de 20 minutes. Le bus nous dépose au terminus qui est en plein milieu des bouchons. Au moins les voitures ont bien le temps de nous voir !! C’est finalement un camion qui nous propose de monter, il s’appelle Gabriel. Nous passons encore 45 minutes pour faire 5 km, il est impossible de sortir de la ville ! Heureusement, l’autoroute est en construction (depuis 10 ans sans grande avancée d’après les locaux…) et devrait résoudre les problèmes de circulation. 

Le chauffeur nous dépose finalement à l’entrée de Turda où il termine sa journée. Il tombe des trombes d’eau, nous sommes trempées. Nous marchons au bord de la route jusqu’à une station essence, les voitures qui passent à côté de nous nous éclaboussent, un bonheur ! Arrivées à la station, nous commençons à en avoir marre, le trajet nous semble interminable. Un homme est en train de faire le plein de son camion. Je remarque un drapeau breton sur la porte passager, après vérification, la plaque d’immatriculation est bien roumaine. Nous allons directement le voir pour lui demander s’il se rend à Cluj-Napoca et bonheur, il accepte de nous y conduire ! Il ne parle pas anglais et est ravi d’apprendre que je suis française. Il a vécu 3 ans en France et parle super bien ! Je traduis pour Maddy. Il m’explique qu’il a acheté son camion en France, c’est plus cher mais de meilleure qualité qu’en Roumanie et du coup le drapeau breton est resté. Il est extrêmement gentil, nous propose de charger nos téléphones, nous demande sans cesse si nous n’avons pas froid et nous dit qu’on lui fait pitié parce qu’on est toutes mouillées ! Comme il n’y a que 2 places dans le camion, je suis installée dans la couchette derrière les sièges et je dois rester allongée. Après quelques minutes, je remarque la serviette de plage accrochée au-dessus de ma tête, je pars en fou rire, Maddy aussi et notre gentil chauffeur, qui s’appelle Gabriel, comme le précédent, éclate de rire à son tour ! 

Finalement, en arrivant à proximité de Cluj-Napoca, il doit prendre la route pour les camions qui nous éloigne du centre-ville, il propose de nous poser à l’aéroport et de là nous pourrons trouver un bus pour le centre. Mais l’idée de faire un détour de 20 km ne nous réjouis pas, nous voulons arriver au plus vite. Nous préférons donc descendre et retenter notre chance en levant le pouce pour atteindre notre destination. Une voiture s’arrête après quelques minutes, un jeune, style kéké, me fait signe de monter, je reconfirme qu’il va à Cluj, il me dit que oui. Maddy commence à monter et il lui dit, enfin lui fait comprendre, de monter avec son copain qui est dans une autre voiture derrière. Je trouve ça hyper bizarre mais bon, nous montons chacune dans une voiture. Et là, il part sur la route des camions qui va à l’aéroport, raté pour le centre-ville ! Les 2 mecs font un peu la course, musique à fond, des kékés ! Et ils nous déposent à la sortie pour l’aéroport, ils n’allaient pas à Cluj ! Tant pis, nous traversons les voies à pieds, nous ne sommes pas du tout à un endroit pratique. 

Nous prions très fort pour trouver notre dernier chauffeur de la journée jusqu’au centre. Nous levons le pouce et en quelques secondes un jeune homme s’arrête, il parle super bien anglais. Il est très intéressé par nos parcours, comment nous sommes arrivées ici, comment nous nous sommes rencontrées. Il nous explique qu’il vend des vélos de cross et qu’il est déjà allé au lac Balea où nous étions la veille… en vélo !! A 2000m d’altitude, il est fou ! Il est vraiment très très gentil, mais nous sommes épuisées et il est dur de faire la conversation. Il nous dépose enfin en plein cœur de la ville, nous indique un bar qu’il aime bien. Merci infiniment ! Avec Maddy, nous nous regardons épuisées et soulagées ! Nous avons mis 7 heures pour faire 190 km !!!! La journée nous a parue interminable mais nous y sommes arrivées. 

Je me dirige vers mon auberge et je vois une espagnole qui a pris le petit déjeuner avec moi ce matin à Sibiu. Elle me reconnait et on rigole ! Je lui demande comment elle est venue jusqu’ici, drôle d’histoire, elle a fait exactement le même trajet en autant de temps que nous … en stop aussi ! C’était la première fois qu’elle faisait du stop et elle a rencontré une personne qui comme moi voyageait en stop plus régulièrement. Des histoires qui nous ont bien fait écho avec Maddy. Puis, Maddy avait rendez-vous avec un ami d’un ami, il nous rejoint et nous mangeons rapidement. Il est super sympa mais toujours pareil, nous sommes épuisées. Maddy s’en va à 21h, nous pensions arriver plus tôt et qu’elle aurait eu le temps de visiter avant de repartir. Mais raté ! Les aléas du stop 😉

Je rentre prendre une bonne douche chaude à mon auberge et me reposer un peu. C’est ma dernière soirée ici et je suis un peu déçue de ne pas avoir vraiment rencontré de voyageurs durant ce voyage. En plus, tout le monde m’a dit que Cluj était la meilleure ville pour sortir, c’est une ville étudiante et jeune ! Je me décide donc à me connecter sur Couchsurfing et trouve une soirée évènement avec une dizaine de personnes. Je me motive et me voici en route ! Le rendez-vous est donné à Insomnia, un bar qui me rappelle les ruins bars de Budapest ! Quand j’arrive, il y a 2 roumaines, 1 français, 1 allemand, 1 bulgare, 1 israélien et… la fameuse autostoppeuse espagnole ! Décidément on se suit ! Plus tard dans la soirée, 1 américain, 2 polonais, 1 égyptien et 1 italienne nous rejoignent. Un beau melting pot de culture réuni pour une soirée à Cluj Napoca en Roumanie. Nous passons la soirée à discuter, nous parlons beaucoup de stop, l’espagnole est contente de raconter sa première expérience. L’allemand est en plein voyage d’Allemagne jusqu’en Inde en stop et il a déjà des anecdotes à raconter. Je partage aussi mon expérience. Je me sens tellement « normale » dans ces moments-là, ça fait du bien !! A peu près toute ma vie, je me suis sentie différente des gens de mon âge, de mon entourage, alors merci à la communauté des voyageurs d’exister et de me faire sentir que j’appartiens à leur norme. Ce sont vraiment les seuls moments où je ne me pose plus de questions. Nous discutons donc toute la soirée, c’est trop bien ! Romain le français se rend à Budapest quelques jours plus tard puisqu’il poursuit un voyage de plusieurs semaines en Europe de l’est, je lui propose de rester en contact et qu’il n’hésite pas à m’écrire quand il est à Budapest. Résultat, on fera une soirée déjantée à Budapest, jolie rencontre également ! Je rentre à 2h du matin, parce que le bar devait fermer sinon je serai bien restée plus longtemps…  

Jour 6 : Cluj – Turda – aéroport à Targu 

Denier réveil en Roumanie, déjà ! Le petit déjeuner à l’auberge est nul, mais bon l’auberge en elle-même était sympa …Après ce repas vite expédié, je me dirige vers la place de Stephen the Great. J’ai lu sur internet qu’il existe un bus pour se rendre à Turda qui part d’ici mais qu’il n’y a aucun panneau ou arrêt de bus pour l’indiquer. Les voyageurs qui en parlaient sur le forum conseillaient de demander dans la rue où se mettre exactement pour que le bus s’arrête. 

J’arrive donc à l’endroit indiqué (intersection de Strada I. C. Bratianu et Piata Stefan cel Mare) et vois un arrêt de bus. C’était facile en fait ! Ça me parait même trop facile, je demande donc à une dame qui ne parle pas un mot d’anglais si je suis au bon endroit. Elle rigole et me dit que non, je dois aller vers la droite, j’essaye de demander où vers la droite car il n’y a rien, juste un trottoir. La dame me parle en roumain et je comprends les mots « panneau publicitaire ». Je la remercie « Mulțumesc » et me dirige vers le panneau publicitaire, je me retourne plusieurs fois et je la vois me faire des signes « plus loin » puis le signe « stop » avec un grand sourire. Me voici donc au milieu d’un trottoir sous un immense panneau publicitaire. Deux hommes arrivent quelques secondes plus tard et attendent à côté de moi. C’est bon signe ! Moins d’une minute après, un mini bus arrive avec un panneau Turda. J’ai l’impression de voir le Magicobus d’Harry Potter apparu comme par magie au milieu de nulle part au moment où des personnes arrivent ! C’est improbable. Je paye donc mon trajet au chauffeur et m’installe, il y a 30 km jusqu’à cette petite ville. La raison de mon escale est la présence d’une immense mine de sel souterraine ! J’en ai beaucoup entendu parler ces derniers jours et c’est sur ma route pour l’aéroport, il aurait été dommage de ne pas s’arrêter. 

Je descends du bus et marche 2 km jusqu’à l’ancienne entrée de la mine. Lorsque j’entre dans le tunnel qui mène à la mine, je me sens seule au monde, le tunnel en ligne droite fait 700 m de long. Je ne vois personne à perte de vue, puis je croise un couple qui va dans la direction opposée. C’est très impressionnant comme visite, d’abord nous pouvons visiter les endroits où le sel était réduit en cube, les rails qui permettaient de l’évacuer. Les panneaux d’explications sont en anglais et la visite est intéressante.

 Je me trompe ensuite de chemin, ma curiosité m’a fait emprunter des escaliers que je n’aurai pas dû prendre (c’était une sortie en fait) et j’arrive donc au-dessus du trou : gigantesque !

 Après avoir fait tout le tour, je prends l’ascenseur pour descendre au plus profond de la mine, tout en bas, il y a un lac provoqué par des infiltrations. Des personnes sont en train de faire de la barque, d’autres lisent leur journal, certains font des pompes (véridique !) et je ne comprends d’abord pas ce qui se passe. Je réalise après qu’il doit s’agir d’une sorte de retraite thermale. Sur le niveau intermédiaire, la mine est transformée en parc d’attraction, au choix : grande roue, mini-golf, bowling, ping-pong, … C’est totalement improbable ! 

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, je remonte vers la sortie et me rends au restaurant Rusalca sur les conseils de la vendeuse qui travaille à la mine. Le restaurant ne paye pas de mine de l’extérieur, mais c’est grand et il y a beaucoup de monde ! Ils ont même une petite cour intérieure. Dernier repas en Roumanie, identique au premier, je termine sur une pizzeria, la boucle est bouclée ! En revanche, le voyage n’est pas tout à fait fini. Il me reste à rejoindre l’aéroport. J’ai 3 heures pour faire 60 km, ça devrait aller mais on ne sait jamais ! Ça ajoute un peu de piquant au voyage 😉 

Centre ville de Turda

Je marche pour aller à un endroit qui me semble propice, mais personne ne s’arrête… Après une quinzaine de minutes, je commence à demander aux personnes qui font le plein à la station essence de m’amener un peu plus loin. Une dame accepte, super ! Elle se rend juste au village suivant mais le plus dur, c’est toujours le début, je le sais bien ! Donc ça me va parfaitement. Au deuxième village, elle me dépose à un endroit stratégique et m’indique qu’en cas de problème, je peux toujours prendre un taxi, il y en a plusieurs garés juste à côté. Une voiture s’arrête très rapidement, c’est un monsieur qui est au téléphone, il n’est pas bavard pourtant il a l’air de bien parler anglais. Il ne va pas jusqu’à l’aéroport mais m’avance d’une vingtaine de kilomètres ! Et enfin, le dernier chauffeur de ce road trip, un papy qui parle français ! Il travaille dans le bâtiment avec son fils, il est content que le projet d’autoroute avance mais trop lentement à son goût. Il me dépose à l’aéroport, je suis en avance, décollage dans 1h30. Je finis mes derniers Leu pour m’acheter un café. Je suis de retour dans ce mini aéroport où il n’y a rien. C’est vraiment étrange ! La semaine est passée à toute vitesse. 

Je décolle direction Budapest, c’est la fin des vacances !  

C’était tellement un beau road trip, inattendu, inhabituel, hors des sentiers battus. C’était la première fois que je faisais autant de stop, 610 km en 6 jours et plus de 20 chauffeurs ! J’ai découvert des gens extrêmement accueillants et bienveillants, beaucoup de sourires et de gentillesse, des couleurs partout, des montagnes, des châteaux, de la neige, des glaces excellentes, des prix bas, que demander de plus ? 

Mulțumesc <3